Quel pneu pour une journée piste?

Pneu journée piste supermotardQue vous ayez une hypersportive, un roadster, un supermotard, un trail, une touring ou même une grande voyageuse, une journée piste, vous y pensez ? Vous avez bien raison !

jean moto pour femmes de bonne qualitéMais quel pneu pour une journée piste ? Peut-on garder sa monte de pneus ? Ou faut-il impérativement passer par un nouveau train de gommes ?

Perfectionner son pilotage, prendre confiance, tester ses limites, mais aussi celles de la moto, rouler vite tout en limitant les risques ou prendre de l’expérience en environnement sécurisé. Oui, mais avec une moto en ordre !

Les contrôles sont nécessaires et les pneus sont évidemment importants. Faut-il absolument les changer ?

Conditions de test :

  • Une journée piste, circuit supermotard, mais l’essai est valable quel que soit le type de circuit.
  • Conditions climatiques :
    – L’avant-midi : temps sec et froid REV IT Sand 3
    – L’après-midi, pluie et froid REV IT Sand 3
  • Roulage :
    6 sessions de 20 minutes
    sur un KTM 500 EXC SM
  • Montes :
    A l’avant : Goldspeed 55S en 120x60x17
    A l’arrière : Dunlop Sportmax Roadsmart 2 en 160x60x17

Pourquoi ce test ?

Quelle que soit votre moto, qui n’a jamais pensé à faire de temps en temps une journée piste ? Et vous avez bien raison ! Je ne peux que vous le conseiller !

Pneu journée piste avant Goldspeed 55SDe mon côté, dès que je peux, je me fais une journée. Ca me tient en forme :-) , je me régale, j’apprends à chaque fois (oui, on peut toujours apprendre ou se perfectionner), je repousse mes limites un peu plus, mais surtout, je passe un bon moment, je rencontre plein de personnes intéressantes, etc,etc,… Autant de bonnes raisons pour ne plus hésiter.
Alors, décidé ?

Par contre, la 1ère question à se poser avant de foncer, c’est de voir si votre moto est prête pour cette journée. Évidemment, contrôler l’entièreté de la moto, et surtout les parties vitales avant d’y aller, c’est indispensable. Et forcément, vous penserez aussi aux pneus. Sont-ils encore suffisamment bons ? Et surtout, sont-ils adaptés à la piste ?
Et cette fois, je me dis qu’il serait intéressant de partager mon expérience avec vous tous.

Une petite vidéo résumé :

pneu journée piste you tube

Ma réflexion, l’idée concrète, les circonstances et la décision

Ma réflexion primaire est que beaucoup doivent se poser les mêmes questions, donc pourquoi pas partager mon expérience et en faire un article.
L’idée concrète vient de plusieurs facteurs. Tout d’abord, les pneus sont un budget important dans le roulage, et acheter un train de pneus rien que pour une journée piste, c’est pas donné. Donc faut-il vraiment passer de nouvelles balles à chaque journée piste ? C’est le but principal de cet essai.

Pour les circonstances, commençons par les pneus existants sur mon supermotard :
Si vous aimez la glisse, vous saurez que c’est grisant, qu’on veut toujours glisser un peu plus, titiller de plus en plus fort la limite d’adhérence, bref, mettre le pneu à rude épreuve. Faut-il le rappeler ? Un supermotard n’a aucune aide électronique ! Avec tout ça, les pneus s’usent à vitesse grand V. Du coup, de temps en temps, je récupère des pneus à moitié de vie, pas toujours adaptés au supermotard. C’est pas grave, c’est moi qui m’adapte à la situation dans ce cas. Non seulement j’aime ça, mais en plus, ça fait travailler mes réactions aux situations, loin d’être optimales, et ça permet de se perfectionner. De grands pilotes me l’ont dit !:-)

Mes pneus existants sont un Michelin Pilot Road 2 à l’avant et un Dunlop Roadsmart 2 à l’arrière. 4 jours avant la journée, la météo annonce sec toute le journée, je pense donc à garder ces 2 vieux pneus pour cette journée piste. Mais c’est sans compter sur l’évolution de la météo qui, la veille, annonce sec l’avant-midi, mais très pluvieux l’après-midi. De quoi revoir mon choix car le PR à l’avant est à l’agonie, donc plus suffisamment de rainures que pour rouler de manière sécurisée sur le mouillé et encore moins dans la boue. Il faut donc revoir mon choix. Le problème, c’est que j’ai pas beaucoup de choix, il me reste juste un pneu orienté pluie dans le garage et ce sera trop tard pour en trouver un autre. Le fait que ce pneu pluie soit orienté piste est un avantage pour mon roulage mais pour cet essai, ça pourrait l’être moins sur le sec. Vous verrez plus bas que non, pas forcément. Cela peut même être très intéressant ! :-o

Et pour la décision, j’ai pas trop le choix ! Aussi bien au niveau stock qu’au niveau monte. Je ne suis pas un grand pilote, je n’ai donc pas le camion qui me suit avec tout le matériel pour changer un pneu rapidement en cours de journée, dès que la météo change.

Pneu journée piste avant Goldspeed 55SJe pars donc sur le choix suivant :

  • A l’avant : un Goldspeed 55S (homologué route, mais interdit sur autoroute ! ) plutôt orienté compet’ pluie) en 120x60x17
    • Avantage : le pneu a des rainures assez profondes et convient donc relativement bien au circuit supermotard, surtout dans la partie terre.
    • Inconvénient : c’est un pneu pluie, orienté piste, donc comment va-t-il se comporter sur le sec ?

Pneu journée piste arrière RoadSmart 2

  • A l’arrière : Dunlop Sportmax RoadSmart 2 en 160x60x17
    • Inconvénients :

– C’est un pneu touring/sport, bien plus tourisme que piste, donc forcément pas vraiment adapté. C’est pas cette fois que je ferais un chrono à afficher dans le garage !;-)

– Là, on est sur un pneu de récup. Et il n’a pas dû voir beaucoup de virolos mais plutôt beaucoup de longues lignes droites. Il est plus que carré. Son profil est digne de celui d’un pneu de grande routière avaleuse de kms d’autoroutes. Je m’attends donc à une sensation bizarre lors de la mise sur l’angle. Vous savez, celle où vous devez tout faire pour basculer la moto dans le virage et que tout-à-coup elle plonge tellement fort que le repose-pied perd quelques grammes dans l’action. Vous voyez de quoi je parle ? Pas vraiment adapté aux conditions de roulage sur piste.

    • Avantage :

– Un pneu touring monte plus rapidement en température, donc je serais plus vite à l’attaque. Gazzz !:-)

Le circuit

Pneu journée piste Sam tracé du circuitC’est un vrai circuit supermotard. Rappelons qu’ assez souvent, les supermotards roulent sur des circuits de karting, même en compétition. Là, on est sur un grand circuit :-) avec 3 belles lignes droites (vitesse ! ), une grande parabole qui n’en finit pas, où on est longtemps, très longtemps sur l’angle maxi. Un grand pif-paf à haute vitesse. De très gros freinages. Une petite chicane technique. Bref intéressant !

Il y a 3 parties terre, la 1ère assez technique, la 2ème très rapide avec un saut long, un double saut et un gros freinage bosselé, et le 3ème est composé de 2 gros sauts.

De la variété, beaucoup de variété ! Certaines parties sont très techniques aussi : J’aime !
Pour le grip, un circuit de supermotard, c’est très intéressant car il est constitué de 3 sections avec des grips totalement différents, Ces 3 sections sont :

1. La partie bitume : c’est la zone que vous connaissez si vous faites de la piste vitesse. Une fois le grip analysé en fonction de la température, vos pneus et bien entendu vos réglages, vous êtes prêts à l’affronter pour la journée, même si ces facteurs peuvent évoluer un peu dans la journée, mais pas de grosses différences.

2. La partie terre : c’est une partie où il faut bien analyser vos trajectoires, vous pourrez y gagner beaucoup sur vos chronos. Le grip étant beaucoup moins important que sur le bitume (La Palisse en aurait dit autant ! ), il faudra bien lisser vos trajectoires. Mais aussi tenir compte des trous, bosses ou ornières pour choisir la trajectoire idéale. Les sauts aussi sont à analyser. Selon leur angle, il faudra adapter votre vitesse, car au plus vous monter, plus longtemps vous êtes en l’air et moins longtemps vous pouvez accélérer. Même s’il existe 2 techniques différentes pour ne pas monter trop haut lors d’un saut, votre technique devra être très bonne pour pouvoir en profiter au maximum, tout cela en restant sur vos roues. Personnellement, je les utilise, mais de manière modeste car je n’ai pas l’expérience suffisante que pour l’utiliser avec une efficacité totale et du coup, ça peut être dangereux. Les 3 zones en terre évolueront considérablement sur la journée, surtout lorsqu’il pleut. Les trajectoires pourront donc varier et demanderont une analyse rigoureuse à chaque début de session.

3. La partie bitume glissante : c’est la partie bitume se trouvant juste après les sections terre. Sur le sec, les motos apportent de la poussière sur cette partie bitume, le temps que les pneus se nettoient. La longueur de cette zone peut varier en fonction du type de terre et augmenter en cours de journée avec les passages de plus en plus nombreux des motos. Sur le mouillé, c’est plus ou moins la même chose, mais la boue remplace la poussière. La zone est donc encore plus glissante et s’allonge plus rapidement, les pneus mettant plus longtemps à se nettoyer. C’est une zone où il faut bien doser les gaz, sous peine de vous retrouver rapidement à l’équerre, donc perte de temps, ou pire la chute (encore plus de perte de temps !:-) ). Délicate, cette zone, je vous le dis.

Il faut donc toujours être bien conscient de la zone dans laquelle vous êtes (surtout la 3ème). Ca demande une concentration plus importante, mais ça vous fait travailler le ciboulot et ça, ça fait jamais de tort. Saviez-vous qu’en moyenne, on n’utilise que 10% de nos capacités intellectuelles. Donc ‘y a de la marge !;-)

Premières impressions sur la piste

Le profil du pneu Goldspeed 55S ne chauffe pasLa 1ère session se fait sous un temps sec. Pour l’avant, je m’attends donc à une montée très rapide en température du pneu pluie. Je n’ai pas de couverture chauffante, donc j’attends patiemment la fin du 1er tour pour commencer à rentrer progressivement plus fort dans les virages, mais je suis refroidi plusieurs fois par quelques glissades imprévues de l’avant, contrôlées certes, mais qui vous remettent vite à l’ordre. Les tours suivants vont me remettre en confiance mais je reste en mode analyse jusqu’au 5ème tour, après …

Pour l’arrière, la glisse est plus facilement contrôlable, donc, oui, je suis prudent au début, mais j’y vais plus fort et plus rapidement sur l’arrière. Accélérations de plus en plus tôt en sortie de virage et surtout de plus en plus franches. Sur les gros freinages, la glisse de l’arrière permet de rentrer plus facilement dans le virage. Si vous regard(i)ez les courses de Moto2 ou Marquez en MotoGP (même si la dérive de MM est plus discrète;-) , mais elle est efficace), vous savez de quoi je parle:-)

Les derniers tours de la session se feront déjà bien plus vite et je commence à comprendre comment se passe la montée en température, mais aussi la limite de chaque pneu. La 1ère session se termine, et déjà, je suis impatient d’y retourner:-)

Sur le sec

Après cette 1ère session d’apprentissage, passons aux choses sérieuses :-)
Les sessions de l’avant-midi se feront dans les mêmes conditions, sur le sec, donc ça progresse ! Aussi bien en confiance que sur les chronos.

Pneu journée piste avant Goldspeed 55S ne chauffe pas

De plus, les autres pilotes roulent vite et très propres. Ils ont l’air tous expérimentés. Après renseignements pris à l’inscription, je suis le seul sur cette journée à ne pas faire de compétition supermotard ! Ah oui ?

Va falloir se cracher dans les mains pour ne pas finir au bas de la liste ce soir;-)

Le 55S à l’avant a vraiment l’air de bien tenir sur le sec, aussi bien au niveau grip qu’au niveau longévité car il ne chauffe pas trop. Faut dire que la température extérieure (7 à 10 °C) et la température de piste (inconnue mais pas chaude, c’est certain) n’est pas suffisante que pour chauffer fort un pneu plutôt orienté pluie.

Le profil du pneu RoadSmart 2 touringLe Roadsmart 2 à l’arrière se comporte plutôt bien, surtout sous ces températures. Je m’étonne d’ouvrir de plus en plus vite en début de session sans avoir l’impression de prendre des risques, le pneu se mettant en température très très vite.

Dans la partie terre et sa suite, il faut doser gentiment, la glisse est relativement contrôlable sur terre sèche, mais je serais plus efficace avec un pneu aux rainures plus profondes.C’est ici que je perds de précieux dixièmes de secondes sur mes collègues d’un jour, tous en pneu compet’ bien profilés.

Mais sur l’ensemble du circuit, je me suis quand-même bien tiré la bourre avec les autres. Et en fin de chaque session, aucune trace d’un pneu qui aurait souffert, aussi bien à l’avant qu’à l’arrière, mais la température doit bien y être pour quelque chose.

Pneu journée piste saut à la butte

Je me suis vraiment régalé sur le sec, les pneus sont très différents, donc l’analyse du comportement de la moto est assez difficile, mais sur la partie bitume, j’ai attaqué de plus en plus fort, sans me faire de grosses frayeurs, et géré au maximum la limite. Je me suis fait plaisir aussi dans la partie terre et sur les sauts. Et cette fameuse zone de bitume après chaque partie terre où il faut bien doser m’a bien occupé:-)

Je reviens avec une grande banane à chaque fin de session, encore bourré d’adrénaline comme si je venais de faire un saut de parachute en chute libre !:-)

 

Sous la pluie

Autant vous le dire de suite, je ne suis pas très bon sous la pluie. D’un côté, je ne roule pas souvent sous la flotte. D’un autre côté, je me suis fait peur plusieurs fois sur piste (vitesse) en mode pluie et apparemment, c’est incrusté profondément dans mon subconscient. Ce qui me fait rester très calme dès que la pluie s’invite. Mais j’aime y travailler de temps en temps, ça augmente un peu mon expérience.

Pneu journée piste partie bitumeLe pneu avant

C’est la 1ère fois que je roule avec un pneu orienté compet’ / pluie donc je pense qu’il me faudra un gros temps d’adaptation … et bien non. Ce pneu met en confiance très rapidement. Évidement, avec ce temps froid, il faut essayer de le mettre à température. Je m’applique donc à faire de gros freinages dès le début de session. Même s’il n’a probablement jamais atteint sa température idéale, il donne un grip plus qu’acceptable sur le mouillé et surtout un retour clair d’infos. Au fil des sessions, j’ai rentré de plus en plus fort dans le virage et j’ai pris de plus en plus d’angle. Beaucoup plus que ce que j’avais l’habitude de faire sous la pluie. Un peu surpris, mais ravi ! :-)

Le pneu arrière

Là, c’était un peu plus délicat. Sur la partie bitume, il s’en tire relativement bien, offrant un grip plus limité que l’avant évidemment, mais comme la glisse de l’arrière est plus facile à contrôler, j’étais souvent limite lors des accélérations en sortie de virage, mais sans jamais me faire peur. Ce qui est déjà un bon point. Sur la partie terre et la zone bitume glissante, là c’était beaucoup plus difficile. Mais quand on voit le profil du pneu, c’est normal. Trop de partie lisse que pour bien s’en tirer dans la boue. C’est à nouveau là que je perdais le plus de temps. Sur les freinages, j’ai essayé au fur et à mesure de freiner plus fort et plus tard, et ça a marché, car dans cette phase, il y a beaucoup moins de poids sur l’arrière et l’avant avait suffisamment de grip pour encaisser des freinages importants, donc j’y suis allé de plus en plus fort.

Le Goldspeed 55S

Pneu journée piste avant Goldspeed 55S sur le mouilléUn pneu que je ne connaissais pas du tout, mais qui m’a surpris positivement. Il a tous les avantages. Un profil bien structuré, adapté au supermotard, qui a un très bon grip, aussi bien sur le sec que sur le mouillé, qui a une gomme selon moi intermédiaire, pour ne pas dire, bien plus dure qu’un pneu pluie compet’ « normal ». Sur le mouillé, à une température de <10°C, il a un peu de mal à monter à température mais le grip est là. Sur le sec, il ne chauffe pas trop, enfin, à ces températures. Mais à déconseiller, selon moi, si on est aux environs de 15-18°C ou plus. Là, à mon avis, sur le sec, il va souffrir ! J’essaierai dès que possible et je vous dirai. Et pour la longévité, je vous dirais aussi, même si je ne sais pas combien de kms il avait déjà roulé, mais je verrai bien son évolution.

Le Roadsmart 2

Pneu journée piste arrière RoadSmart 2 sous la pluieC’est un pneu que je connais. Lors de sa sortie, j’ai passé plusieurs montes avec ce pneu sur mon roadster, mais ça, c’était au moment où les roadsters étaient encore aux environs des 100-120 CV. Je n’oserais plus les monter maintenant sur un roadster de 180 CV. Le pneu n’a pas été conçu pour cette catégorie. Ce que j’en avais retenu, c’était que ce pneu monte relativement bien en température, aussi lorsqu’il fait frais. Qu’il est résistant si vous n’avez pas trop de chevaux et que vous ne roulez pas trop fort au dessus des 30°C. Et ça c’est confirmé lors de cette journée piste. C’est vrai qu’ il s’en sort plutôt bien ! Faut-il le rappeler, c’est un pneu sport / touring, et pas un pneu conçu pour faire une journée piste, certainement pas une journée circuit supermotard. Et pourtant, il a assuré ! C’est surtout dû au fait que c’est un pneu qui prévient lorsqu’il arrive à sa limite. Vous ne vous mettez donc pas en danger. Alors, c’est vrai qu’un chrono improbable, vous ne le ferez pas, mais vous pourrez vous amuser, titiller la limite, tout en arsouillant de manière sécurisée. C’est déjà pas mal, non ?

Combinaison et synchronisation

Concernant la combinaison pneu avant / pneu arrière, c’était un pari osé, de voir si c’était possible de s’amuser et de rouler à un rythme suffisamment élevé que pour se faire plaisir avec des pneus de récup et pas du tout complémentaires. L’avant était bien plus dans son élément que le pneu arrière, mais c’est surtout la combinaison des deux qui était un peu difficile mais intéressante.

Ayant un pneu plus adapté à l’avant, les entrées de virages, la mise sur l’angle se faisait plus décidée, mais dès l’approche de la corde, il fallait tenir compte du grip différent des 2 pneus.

Pneu journée piste Dr Jekyll and Mr Hyde

Et surtout, dès la ré-accélération, il fallait adopter un pilotage beaucoup plus coulé et surtout bien doser la sortie, car le pneu arrière est moins performant !

Une dé-synchronisation pas naturelle du tout, car quand on arsouille, on est dedans, on est en mode grosse attaque partout. Alors que là, il fallait être un peu « Dr Jekyll and Mr Hyde » : Mr Hyde en entrée de virage jusqu’à l’approche de l’apex et ensuite Dr Jekyll jusqu’à ce que le virage se termine. Pas évident, je vous assure, mais très intéressant. Et très fatigant aussi, au niveau concentration !

Conclusion

Je me suis régalé, comme d’habitude sur piste. Tous les pilotes roulaient propres. Très peu de chutes. Respect sur la piste et convivialité dans les paddocks. Un régal, je vous dis.
Pour ce qui est de l’ essai, ma combinaison du pneu avant / pneu arrière avec des caractéristiques différentes, un circuit supermotard varié, ainsi qu’une météo changeante, en a fait un essai très complet, pas évident, mais très intéressant. A plusieurs titres. Un circuit supermotard très bien fait, varié et rapide, ses 3 sections au grip totalement différent. Ajoutez à cela les bosses, les ornières et les sauts de la partie terre, les trajectoires à adapter, une météo changeante qui vous fait passer du bitume bien sec à une pluie bien fournie qui vous met une belle couche d’eau sur la piste, mais qui vous fait passer aussi de la terre sèche, à une couche dure et glissante, pour se terminer par quelques endroits devenus bien boueux en fin de journée. Tout ça avec des pneus pas vraiment adaptés, soit à la piste, soit au type de moto, soit aux conditions climatiques, mais aussi des pneus pas du tout homogènes.
Tout cela demande une grande concentration et une adaptation à tous instants. Ce n’est pas Darwin qui me contredira. Et en fin de journée, après 6 sessions de 20 minutes, j’étais fatigué, oui physiquement évidemment, mais aussi mentalement.
Pneu journée piste saut dans la partie terreLa combinaison et synchronisation de vos pneus avant / arrière est très importante. Au plus vos pneus seront synchros (aux mêmes capacités), au plus le comportement de votre moto sera homogène et sain. Et surtout, ça vous évitera de devoir vous concentrer de manière différente sur les 3 phases du virage.
Mais après toute cette énumération de points qui rendent difficile le pilotage, vu les choix de pneus, disons, assez originaux, j’ai pris un plaisir dingue, à analyser, modifier mon style de pilotage, m’adapter à toutes les situations, régler la moto en fonction des différents paramètres, arsouiller, titiller les limites, tout ça en restant dans une certaine marge de sécurité. Bref, je me suis ré-ga-lé ! 👍

Ca prouve que oui, vous pouvez très bien faire une journée piste avec vos pneus existants. Non, il ne faut pas passer obligatoirement par un nouveau train de gommes.
Il faudra bien tenir compte de plusieurs aspects pour rester en sécurité :

  • Vous renseigner au préalable sur la pression préconisée par le fabricant pour la piste ou tout au moins la pression minimale autorisée.
  • Vérifier l’usure après chaque session, évidemment.
  • Mais surtout adapter votre pilotage en fonction de vos pneus, leur combinaison, mais aussi des conditions de roulage

Si vous respectez ces règles primordiales, mais somme toute logiques, vous passerez une journée remplie de plaisir de roulage, sans prendre de gros risques, en perfectionnant votre pilotage, ce qui pourrait aussi vous aider sur la route.
Mais rappelez-vous, la piste et la route sont 2 choses totalement différentes ! Arsouille sur piste, prudence sur route ouverte !
Régalez-vous !

jean moto femme Furygan lady PurdeyEvaluation Moto-Pyrénées :

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* Le Goldspeed 55S
– Profil assez profond et dense. Il convient donc bien au circuit supermotard.
– Bon grip sur le sec et sous la pluie
– Retour clair d’infos
– Résistant sur le sec, pour un pneu pluie (température <15°C)

* Le RoadSmart 2
– Montée en température rapide
– Bon retour d’information. Il prévient quand il approche de la limite

* Général :
– Pas de budget explosé : il n’est pas nécessaire de passer un nouveau train de gommes pour faire une journée piste

jean moto femme stretchLes moins :

 

* Le Goldspeed 55S
– Pas vraiment trouvé d’inconvénient dans toutes les conditions différentes
– Temps de chauffe trop important pour un pneu orienté pluie ? A voir avec une température >15°C

* Le RoadSmart 2
– Profil pas adapté à la piste et encore moins à la terre et la boue
– Manque de grip en condition piste, en mode grosse attaque

* Général :
– Le train de pneus n’était pas homogène mais intéressant au niveau pilotage

Vous aussi, vous faites de temps en temps une journée piste, supermotard ou vitesse, n’hésitez pas à partager votre expérience ici. C’est votre rubrique !
Et si vous avez des questions ou que vous voulez quelques conseils pour débuter un peu de piste, n’hésitez pas, on vous aidera !

A bientôt !
Alain  grand V

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